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Récit du naufrage de Sean Seamour II

August 13, 2009 in L'histoire de Sean Seamour II

Ouest Atlantique (extraits du magazine Voiles et Voiliers # 438)

« Mon bateau a coulé dans la tempête Andrea »

Jean-Pierre  quitte la Floride avec deux équipiers à bord de son Océanis 44 CC, direction Gibraltar. Après quatre jours de mer, au large du Cap Hatteras, l’équipage doit faire face à un coup de vent bien plus fort que prévu. La mer se creuse dangereusement, jusqu’à faire chavirer, démâter, puis couler le bateau… Récit, par Jean-Pierre de Lutz.

L’eau nous arrive au dessus des genoux. Je sais que la situation est désespérée, mais il est toujours plus sûr de rester à bord que d’abandonner le bateau et se retrouver seuls dans la nuit plus tôt que nécessaire. Il devrait faire jour vers 5 heures 30 – il nous faut tenir encore deux heures au moins. 

Nous sommes partis de Green Cove Springs, en Floride, au petit matin du 2 mai 2007. Nous devons rallier Gibraltar et nous avions prévu de faire une escale aux Açores. Mes équipiers, le canadien Rudy Snel et l’anglais Ben Tye, tous deux nouveaux sur la route du nord, pourraient inscrire leur nom sur les quais d’Horta, et je voulais vérifier que le mien y était toujours – les places sont devenus chères ! Je comptais ramener mon bateau en Méditerranée, parce que je viens de me rétablir de manière permanente en France, et je venais d’acheter une place de port dans le Golfe de Saint Tropez. Les choses en ont décidé autrement.

Pour sa deuxième traversée de l’Atlantique, mon Océanis 44 CC Sean Seamour II est pleinement préparé. J’ai confié quelques travaux à Holland Marine et effectué les autres avec mes deux équipiers. Le gréement, les feux, les manœuvres courantes, le moteur, les batteries, le safran, tout a été vérifié et changé si besoin. J’ai envoyé le radeau de survie en révision, réactualisé  tout le matériel de sécurité – brassières, fusées, pharmacie – et fait contrôler la balise de détresse, qui est certifiée jusqu’en novembre 2007. (Avant le départ j’ai remplacé la banque de batteries maison sur une plateforme rehaussée de 20 cm).

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Cet Océanis 44CC était en parfait état et très bien préparé par son propriétaire.
Toutes les vérifications nécessaires pour ce type de traversée avaient été faites avant le départ.

Nous avons toutes les cartes papier pour les destinations prévues, et deux ordinateurs configurés pour faire tourner le logiciel Maxsea (version 12.5), ainsi qu’un téléphone satellite Iridium pour recevoir les données météo GRIB et Fax (Chopper pour Maxsea et OCENS). Ces systèmes électroniques ont été amplement vérifiés et testés dans les jours précédant le départ.

Pour le gros temps et les éventuelles collisions, Sean Seamour II, gréé en cotre, est équipé de deux ancres flottantes (lourde et légère), de paillet d’abordage, deux pompes électriques auxiliaires, ainsi que d’un large choix d’outils électriques pour faciliter les réparations en mer avec le convertisseur de 2,4 kVa. Le mode de fonctionnement et l’utilisation de ces équipements ont été longuement discutés avec l’équipage. Nous avons aussi abordé d’autres gestes tels que l’amarrage, fermer les vannes, verrouiller les portes de la descente…

L’équipage s’entend très bien, il est bien équilibré humainement, nous sommes partis pour faire une belle traversée. Le deuxième jour, nous attrapons un Mahi-Mahi de 8 kilos que l’on s’empresse de manger et de congeler. Jusque là, nous avons eu plutôt du petit temps, et nous utilisons le Gulf Stream, qui nous porte jusqu’à 4 nœuds – c’est très avantageux. Le quatre mai, nous commençons à voir pas mal de phénomènes d’orages en bordure du Gulf Stream. Je décide d’en sortir et de passer plutôt sur l’Est.

Les fichiers gribs de prévisions météo sur 7 jours téléchargés presque quotidiennement depuis le 25 avril ne montrent aucune anomalie, pas plus que les weatherfax, avec les deux hautes et les deux basses pressions relativement bien réparties au-dessus de l’Ouest de l’Atlantique. Seule la proximité des deux systèmes de basses pressions semble justifier une surveillance, comme le fichier Grib du 5 mai l’indique, avec la prévision d’un renforcement du flux de N-NO de 20 à 35 nœuds passant en milieu de journée au N-NE, concentré sur la zone côtière. Etant déjà sur une route Nord à quelque 200 milles au large, je maintiens notre plan de navigation. Je compte suivre un cap au Nord-Nord-Est jusqu’à ce que des vents plus forts nous permettent de virer sur un bord plus Est, ceci aux alentours de 300 milles au nord des Bermudes, en direction des Açores.

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Photo satellite NOAA du 7 mai à 15h47, le système cyclonique s’est désagrégé mais la structure reste visible

Le vent se renforce à peu près huit heures plus tôt que prévu, approchant franchement de la gamme des 60 nœuds en début d’après-midi, puis encore au-delà comme il tourne au N. Nord-Est.  Considérant que nous
sommes confrontés à un système météo soutenu assez différent des lignes de grains du Gulf Stream que nous avons eues ces derniers jours, au milieu de l’après-midi je décide de prendre les mesures qui s’imposent.

Depuis notre dernière position connue, à environ 217 milles à l’Est du Cap Hatteras, je fais route inverse, en déployant la plus grande ancre  flottante de l’arrière tribord, et en laissant un quart du tourmentin sur l’enrouleur de trinquette – ceci afin de compenser le fardage naturel du bateau dû en grande partie à sa capote rigide et la structure du cockpit central.

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En fin d’après-midi les vents sont établis bien au-dessus de 70 nœuds, et la mer grossit vite. J’estime que la houle atteint au moins 70 mètres à la tombée de la nuit, mais après avoir rallongé d’à peu près 45 mètres
la ligne de l’ancre flottante, le bateau se comporte avec douceur pendant les huit heures suivantes, avançant avec la mer à environ 6 nœuds. En fin de soirée, les vents sont établis au dessus de 74 nœuds et un membre de l’équipage enregistre une rafale à 85,5 nœuds.

Notre premier sujet d’inquiétude est la mer, qui enfle et devient désordonnée. Au petit matin, le bateau est de plus en plus durement frappé par des vagues intermittentes sur son flanc bâbord. Mes deux équipiers doivent se plaquer contre le flanc tribord pour ne pas être violemment projetés à travers le bateau. L’eau commence à s’accumuler, passant manifestement à travers les évents du moteur situés sur le tableau arrière. Je pense que le coude en S des tuyaux n’est pas assez marqué pour résister à l’assaut de ces grosses vagues brisant sur le tableau.

A environ 2h 45, nous sommes violemment couchés sur tribord. Sans doute à cause de l’angle et de la tension qui en résultent, le bout de l’ancre flottante se rompt. Il était attaché sur le winch principal bâbord et passait ensuite dans le taquet où il était entouré de grey-tape et de lubrifiant. Il avait probablement ragué contre le même évent du moteur, situé juste en dessous du taquet. Le bateau se redresse rapidement, mais sans la stabilité que m’offrait l’ancre flottante, il reste en travers de la vague et j’ai du mal à le remettre sur son cap. Après ce chavirage,  je sais qu’il y a déjà des dommages structurels et que nous avons perdu le contrôle du bateau. Je déclenche la balise de détresse GPIRB, enregistrée avec la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) sous le nom de Sean Seamour II.

M’attendant à ce que les choses empirent, je referme et condamne toutes les ouvertures et bloque les portes de la descente. A 2h 50 nous sommes violemment frappés à nouveau et commençons un tour de 180 degrés. Comme le bateau semble se stabiliser à l’envers, je déverrouille le capot de descente pour sortir et voir où se trouve le radeau de survie. Il n’est pas à sa place dans le cockpit, où il était fixé au milieu, sous le portique – je le constate immédiatement car la console de la barre a été arrachée.  Je m’accroche au portique pour ressortir de l’eau. Au moment où j’émerge à la surface contre le flanc tribord du bateau (à l’endroit, son bâbord), la main dans le rail de fargue, le bateau commence son second tour de 180 degrés. Il se redresse si vite que je me retrouve directement dans le cockpit. Lorsque le voilier émerge,  son gréement est couché sur la longueur du bateau. Le mât, proprement plié à la base du pont, a manqué de peu le portique arrière. Les barres de flèche sont déployées au-dessus du cockpit et sur bâbord, les étais de génois et de trinquette apparemment arrachés.

Je demande à mes équipiers d’actionner toutes les pompes, pendant que je continue à essayer de localiser le BIB. Il apparaît finalement gonflé sous le gréement. Il devait pendre sous le bateau, tenu par son cordon de percussion, ce qui explique que je ne l’ai pas vu, et je pense qu’au moment où le bateau s’est redressé, ça a créé assez de tension dans le bout pour amorcer la bouteille de gaz. Le radeau est venu se gonfler sous le bateau, et se trouve maintenant coincé sous le gréement – et à l’envers. Comme ses ancres flottantes sont empêtrées dans le gréement et partiellement arrachées par l’une des barres de flèche, je décide de les couper dans un souci de gagner du temps et de l’énergie. J’ai besoin de mon équipage en bas et je dois démêler cet enchevêtrement tout seul. Ceci fait, j’arrive à déplacer le radeau et profite qu’il est sous le vent pour le passer par dessus l’étrave à tribord, et l’amarrer encore à l’envers.

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Photo prise dans le video de notre extraction fait par les US Coast Guards depuis l’hélicoptère ,
vague de plus de 20 mètres, un court extrait est publié sur mon blog du 2 août dernier

Dès que j’ai pu sécuriser le radeau, je vais rejoindre Rudy et Ben en bas, pour évaluer les dégâts. Nous n’avons pas semble-t-il de voie d’eau, mais on a de l’eau au-dessus des genoux. Les deux pompes électriques et la pompe de cale sont en route, mais le plus intéressant est ce qu’a fait l’équipier anglais, qui a découpé des bouteilles d’eau de 10 litres avec des poignées en plastique de chaque côté pour écoper à la main, ce qui leur a permis d’évacuer beaucoup d’eau. Mais en rentrant dans le bateau, je m’aperçois aussi que la balise de détresse ne semble pas  fonctionner. La puissante lumière blanche a cessé de clignoter et le témoin a diminué d’intensité. Je la réinitialise deux fois, mais je ne sais pas si elle émet et si les garde côtes ont bien reçu le signal. Pourtant, je l’avais envoyée pour re-certification avec le radeau de survie quelques semaines avant le départ, et elle avait été retournée par River Services avec l’assurance qu’elle était agréée  jusqu’à ce mois de novembre prochain, qu’elle fonctionnait bien, et que sa batterie avait encore une durée de vie de cinq ans.

Plutôt que d’essayer de sauvegarder le bateau – couper le gréement, larguer en proue plus de 100 mètres de chaîne et ancres, colmater le trou béant du passage du mât dans le pont qui constitue la plus grande entrée d’eau, re-router les pompes électriques par les trous des ventilations pour fermer le panneau de descente – je perds au moins une demi-heure à essayer de réinitialiser cette balise, et ensuite à tenter de communiquer par VHF. Mais la BLU ne marche pas parce que c’était mon pataras qui me servait d’antenne, et je n’ai pas le temps de trouver et installer l’antenne de fortune pré-câblée pour la VHF ASN. Il faut qu’on essaye de garder le bateau à flots au moins jusqu’au lever du jour.

Comme le bateau se met travers à la vague, il devient de plus en plus vulnérable aux déferlantes. Son étrave est maintenant passablement immergée, et à environ 5h 20, une nouvelle déferlante ajoute quelque 40 centimètres d’eau dans le bateau. Je prends la décision d’abandonner le navire.

Je sors en premier, sachant que le radeau est toujours à l’envers. En plus, quelques-uns des bouts en nylon qui tiennent la capote du BIB sont toujours pris dans l’enchevêtrement du gréement. Dans la précipitation, le sac de survie contenant téléphone Iridium (noyé dans le 360°), VHF, GPS et tous nos documents personnels, que j’avais attaché sur lepont, est oublié.

Comme nous montons à bord du radeau remis à l’endroit, il est immédiatement submergé par une déferlante. C’est vraiment la panique. On a des creux de 20 mètres, un radeau instable qui se retourne tout le temps. Il n’a plus les ancres flottantes dessous, ni la capote qui a été arrachée,  donc il se remplit d’eau et se retourne dans les vagues. Comme on n’arrive pas à le redresser, il faut se hisser sur le radeau retourné, puis revenir dedans lorsqu’il revient à l’endroit.L’hypothermie est déjà en train de gagner l’un de mes équipiers et moi-même, et nos efforts pour rentrer dans le canot épuisent ce qui nous reste de forces. Les moments passés allongés sur le radeau retourné, exposés au vent, semblent nous affaiblir encore. Sean Seamour II coule quelques minutes après que nous l’avons abandonné, le voilier disparaissant totalement de notre vue après la crête de la seconde vague.

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A droite le plongeur des US Coast Guards. A gauche, avec le gilet, l’équipier anglais accroché au radeau – du moins ce qu’il en reste

Vers 6 heures et demie, nous nous rendons compte qu’un avion nous survole, ce qui nous met un peu de baume au cœur – bien que nous ne sachions pas s’il nous a repérés ou pas. Mais très vite l’avion repasse au
dessus de nous, et là on comprend qu’ils nous ont vus, car ils larguent des balises (voir le rapport d’activités des US Coast Guards sur le blog du 8 août – le c-130 nous a trouvé presque par miracle, la capote orange fluo arrachée et les vagues si hautes que la fenêtre de visibilité était minime). Enfin, vers 8 heures et demie, arrive l’hélicoptère des Coast Guards. Comme je suis manifestement le plus affecté par l’hypothermie et presque inconscient, c’est moi qu’on évacue en premier. Tout ce dont je me souviens, c’est d’arriver dans l’hélicoptère. Ils me donnent de l’oxygène, qui me permet rapidement de reprendre conscience, et un temps après je vois le plongeur qui remonte seul. Il commence à ouvrir un sac, prendre une deuxième couverture chauffante pour m’envelopper, et je lui dis « moi ça va très bien, allez chercher les autres », mais je vois qu’il est gêné. En fait, il s’est fait une élongation du dos, et il n’arrive plus très bien à nager en plus une déferlante arrache son maque et il ingère une grande quantité d’eau de mer qui le saisi de vomissements constants (voir rapport interne).  Malgré cela,  il y retourne et évacue mes deux équipiers mais il en faut de peu qu’il ne puisse être remonté à bord car dix fils du câble de treuil on cassé avec la précédente extraction (rapport interne). Le radeau est laissé sur place et détruit par le plongeur. Il récupère également la balise qui restera en possession des Gardes Côtes. On nous emmène sur la base navale de Cherry Point. Là, trois ambulances nous attendent, avec trois équipes médicales qui nous prennent en charge séparément, et nous conduisent à l’hôpital naval de Cherry Point. Rudy et moi sommes tous les deux en hypothermie assez sévère (nous sommes bien en dessous de 35 degrés), et je me suis blessé au dos en me débattant avec le radeau – une récente radio montre que j’ai dix côtes cassées et deux tassements de vertèbres. Le garde-côte AST2 Dazzo est lui aussi hospitalisé avec nous. Quand nous émergeons de notre torpeur, vers 13 heures, on nous prévient que la Croix Rouge américaine a été alertée et a mis en place un programme d’aide aux sinistrés. Vers 15h 30, arrive effectivement quelqu’un, qui nous procure les vêtements, le refuge et la nourriture qui nous aideront à surmonter cette épreuve.

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Ben, Rudy et moi, Sauvés!

Mes équipiers et moi remercient chaleureusement l’équipe de Gardes Côtes dont le dévouement est incommensurable, surtout quand on les entend commenter la difficulté de cette évacuation, selon le plongeur Dazzo sans doute la pire qu’ils aient vue en neuf ans travaillant ensemble. Ils disent avoir mesuré depuis l’hélicoptère les vagues en paires de 70 pieds (20 mètres) ou plus. Après le premier chavirage et avant de perdre le gréement, nous avons mesuré des vents toujours au dessus de 72 nœuds. La tempête que nous avons affrontée est devenue ce jour là « tempête sub-tropicale Andrea ». JPdL.

Video du sauvetage de l’équipage du voilier Sean Seamour II le 2 mai 2007. Filmé par le Commandant Nevada Smith (co-pilote dans le film de Kevin Costner “The Guardian”), post-édité par l’USCG et la NOAA pour presentation au symposium du 25ème anniversaire du COSPAS SARSAT réunissant les 34 pays partenaires . Le nageur sauveteur Drew Dazzo recevra sa troisième médaille, cette fois du gouvernement Canadien “Etoile du Courage” à l’automne 2009 à Ottawa.  http://www.youtube.com/watch?v=zysYel6hcRA

Quelques chiffres

L’évacuation a duré 36 minutes, par un vent moyen de 72 nœuds, vagues supérieures à 70 pieds. Le radeau a dérivé pendant ces 36 minutes de 1,8 mille (par le commandant de l’hélicoptère des Coast
Guards)

Dans cette même tempête, le porte-container Hapag Lloyd Paris Express a perdu 21 conteneurs alors qu’il pouvait voguer à 28 nœuds soit deux fois la vitesse de déplacement maximale de Andrea, et le voilier Flying Colors a disparu avec ses quatre membres d’équipage dont deux skippers.
 

Les leçons que j’en tire

 1. Les passages atlantiques ne se ressemblent pas, aussi il ne faut pas penser que prenant la mer dans la période la plus propice est une justification pour baisser sa vigilance. Les routeurs météo ne sont pas seulement pour la course, ils rajoutent un niveau de sécurité au travers de l’analyse d’une base d’informations presque inaccessible techniquement et économiquement à bord

 2. Tous les équipements de sécurité doivent être groupés ensemble dans la partie la plus centrale, la moins vulnérable et la plus accessible du bateau. Par gros temps tout équipier qui n’est pas indispensable sur le pont doit être sécurisé à l’intérieur là où l’équipement de sécurité est accessible en anticipation d’un évènement catastrophique. La partie la plus vulnérable d’un voilier est son gréement. Dans le cas de Sean Seamour II tous les équipements de sécurité étaient groupés au pied de la descente de cockpit sauf les combinaisons de survie rangés dans un coffre bâbord de pont bloqué par le gréement. Si ces équipements avaient été regroupés les combinaisons auraient été enfilées après le premier chavirage, évitant ainsi l’hypothermie.

3. Il n’y a pas de redondance en
matière de pompe, j’avais trois pompes de cale manuelles haut débit, seule celle du cockpit aurait pu être utilisée car les deux en proue et en poupe étaient inaccessibles. Ici encore les pompes doivent être en position centrale et au niveau plancher le plus haut. Des pompes électrique type Rule haut débit (7m²/heure) doivent être jumelées pour ne pas être bloquées par le débris. Les nôtres devaient constamment être débarrassées de papier flottant et autre détritus qui bloquait leur fonctionnement et l’équipage.

4. La redondance a sauvée mon
équipage mais pas mon bateau. J’avais toujours considéré la deuxième balise comme un luxe, onze ans après elle testait toujours opérationnelle, la preuve en est! Cependant, si j’avis planifié cette redondance elle serait partie aussi en re-certification et aurait été placée à l’intérieure prête à être déployée. Si cela avait été le cas elle aurait été déployée et les actions requises pour sauver le bateau exécutées. La redondance est impérative, mais s’assurer que les éléments en redondance sont opérationnels est presque de même importance.

5. La fiabilité des équipements,
prenant en considération que les deux balises testaient opérationnelles en réalité elles avaient tous deux des performances en deçà des spécifications. L’ACR Globalfix sortant de révision a fonctionné trente minutes; la vielle unité ACR qui testait opérationnelle n’a fonctionné que pendant 10 heures — si nous avions été 100 miles plus loin au large ces dix heures auraient été insuffisants pour guider les secours jusqu’à nous
.

6. Attacher et sécuriser en vue du
mauvais temps est trop souvent réservé au pont et aux passages comme les capot et panneaux de descente et autres ouvrants. A l’intérieur du bateau on a tendance à immobiliser plus que sécuriser, ne prenant pas en compte l’effet généré par les chavirages sans parler d’un retournement de 360°. A commencer par les planchers, ils sont les premiers à ouvrir que cela soit sous l’effet de la gravitation ou de l’énergie kinétique que génère une lame scélérate provoquant un chavirage. La moitié de mes planchers n’étaient pas sécurisés sans parler de l’objet le plus souvent oublié, la table de carré qui s’est détachée, cause probable de la moitié de mes dix côtes cassées. Si elle m’avait rendu inconscient ou pire mon équipage n’aurait peut être pas survécu.

 7. Le Gulf Stream : il faut l’éviter de le naviguer quand la direction du courant s’oppose au vent, mais aussi les tourbillons fréquents là où le courant est fort. J’ai quitté le Gulf Stream bien avant la tempête sans prendre en compte la taille des tourbillons dans cette partie de l’atlantique. Je les avais soigneusement évités lors de ma traversée de 1996 mais j’avais remarqué depuis leur affaiblissement dans l’atlantique nord. Si dans la nuit du 4 mai j’avais pris une direction plus à l’est j’aurai été moins affecté par Andrea. La carte de Jennifer Clark’s Gulfstream positionnant Sean Seamour II le matin du 6 semble confirmer cela.

 8. Le rangement et l’utilisation de

secours des équipements électroniques vitaux doivent être réfléchis et planifiés. Sean Seamour II avait tout et plus encore, mais les scenarios qui ont définis le rangement et la sécurisation de ces équipements ne prenaient pas en compte une catastrophe de cette amplitude. Au delà de la seconde balise, après la perte du gréement la BLU dont l’antenne était sur pataras était in-opérationnelle, son tuner non-étanche positionné trop bas. L’antenne de secours pour la VHF ASN était bien pré-câblée mais l’antenne était introuvable après le retournement. Le téléphone Iridium aurait dû être dans un sac étanche trempé lui aussi.

9. Dans une telle situation la sécurisation du bateau doit rester la priorité immédiate. Une fois la balise lancée la sécurisation du bateau était mon premier objectif, en éjectant le gréement, les 100 mètres de chaine et les ancres de proue et en colmatant le passage de mât. Ces actions auraient sécurisés le bateau pour au moins une paire d’heures, cela fait, la mise en route du moteur avec les batteries maison et le déploiement du deuxième ancre de mer auraient permis de reprendre le contrôle. Bien que je me sois préparé mentalement depuis des années à ce type de situation, les niveaux de panique et de traumatismes physiques ont entraînés un moment de désorientation et une focalisation sur l’équipement électronique in-opérationnelle – si ces équipement ne fonctionnent pas il faut l’accepter et maintenir ses priorités. Redondance oui mais sans la dépendance.

 10. Bien que beaucoup d’implication et de temps ont été alloués au briefing et démonstration des équipements de sécurité avant le départ, localisation et déploiement des pompes électrique, paillets d’abordage, re-routage des pompes manuelles et autres équipements, l’entraînement génère des reflexes supérieurs. Si j’avais été dans l’incapacité d’agir lors de cet évènement catastrophique je suis loin d’être sûr que l’équipage aurait pu survivre.

Le problème de la balise

Immédiatement après le premier chavirage, j’ai déclenché  la balise. Une demi-heure plus tard, quand je suis rentré dans
le bateau, je me suis rendu compte que la lumière blanche clignotante de la balise ne marchait plus, et que la luminosité du témoin baissait fortement. Je l’ai arrêtée, l’ai réinitialisée, sans plus de succès alors qu’elle avait été révisée deux semaines avant et qu’elle avait été conservée en parfait état de marche. Mais le plus grave dans tout cela, c’est que les Coast Guards ont bien reçu le signal, au début, et l’ont attribué à un autre bateau. Dans leur base de données de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), mon numéro correspondait à un autre bateau qui s’appelle « Cold Duck » et qui est inscrit en Alabama.

Les Coast Guards ont immédiatement appelé le point de contact qui est indiqué dans la base de données,  ont réveillé ce brave homme à 3 heures du matin, pour s’entendre dire « non je n’ai pas activé ma balise », ils lui ont demandé de la récupérer et de débrancher la batterie, et le signal s’est arrêté à ce moment là – qui correspondait à l’arrêt en panne de ma balise. Ils ont donc considéré que l’alerte était nulle et non avenue, et ont abandonné les recherches sur ce signal là.

Ce qui m’a sauvé, c’est que j’ai fait une traversée en 1996 avec un bateau précédent, qui s’appelait Lou Pantaï. Quand j’ai vendu le bateau, j’ai gardé la balise. Sur l’Océanis 44 CC, on a une capote rigide, et cette seconde balise était fixée dans son socle à bâbord, à l’intérieur de ce pare-brise.

2002 à Mindelo, on voit la balise sous le pare-brise à gauche

 Dans le chavirage, la capote a été complètement arrachée et a coulé, et j’ai considéré que tout était parti avec, mais fort heureusement cette balise, qui avait 11 ans, s’est enclenchée hydrostatiquement et a donné le signal « Lou Pantai » aux Gardes Côtes. C’est celui-là qu’ils ont cherché, et trouvé – sinon nous serions une statistique aujourd’hui, parce qu’aucun de nous n’aurait survécu.

Il y a donc eu potentiellement une double sinon une triple erreur : la première à l’enregistrement de la balise  auprès de la NOAA, qui a été fait par une société anglaise Ocean Safety Ltd,  la deuxième au niveau de la vérification par la société River Services en Géorgie accréditée par ACR Electronics fabricant de cette balise, qui l’a prononcée bonne, et enregistrée jusqu’à novembre, sa fin de période de 5 ans, alors que manifestement ce n’était pas le cas, enfin, sous réserve de l’expertise ne cours, défaillance de la balise. Ainsi trois questions doivent être clarifiés:

(i) quel est la raison de la défaillance de la balise;
(ii) comment le numéro hexadécimal propre à la balise et le bateau a pu être attribué à un bateau tiers;
(iii) pour quelle raison au contrôle de la balise défaillance et mauvaise immatriculation n’ont été identifiés.

Chacune de ces questions aurait pu entraîner la perte d’un équipage sans parler des trois en même temps! J’espère d’ici quelques semaines fournir plus d’informations quant aux causes de ces erreurs car de l’avis des US Coast Guards et du fabricant ce problème est réel, trop de vies de marins professionnels comme de la plaisance sont en cause.

Pour tous ceux qui voguent ou ont l’intention de voguer ans l’atlantique ouest les sources d’information suivantes sont recommandées:

Gulf Stream :

J’ai mentionné dans les leçons apprises un complément des routeurs météo: Jennifer Clarks’ Gulfstream http://users.erols.com/gulfstrm/ , avec ses 26 années d’expérience comme expert du Gulf Stream pour la NOAA, elle a crée une société spécialisée sur cet amazone de l’atlantique que tout navigateur se doit de consulter avant de s’engager sur le Gulf Stream ouest. Ci dessous vous trouverez la carte du 7 mai positionnant Sean Seamour II et Flying Colors, tous deux perdus dans la tempête.

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Vagues Atypiques :

Marins professionnels ou de plaisance deviennent de plus en plus sensibilisés aux vagues ayant des structures atypiques, généralement regroupées sous l’appellation vagues scélérates, ou en anglas Rogue ou Freak Wave et une nouvelle dénomination devant ce phénomène qui semble s’amplifier MaxWave. Les différents laboratoires qui ont contribué a une simulation de ce qui a pu
arriver à Sean Seamour II et Flying Colors sont arrivés à la conclusion dune probable vague atypique d’un minimum de 82 pieds mais probablement 50% supérieure ayant heurté mon bateau avant de continuer en s’amplifiant vers le Gulf Stream pour chavirer Flying Colors.

Des recherches complémentaires sont en cours des deux côtés de l’atlantique, au GLERL par exemple sur la genèse et la dynamique de ces vagues, en Europe et notamment en Allemagne sur le suivi en temps réel par satellite de ces phénomènes. Sur le site de Robin Storm http://robinstorm.blogspot.com/2007/07/reunion-island-man-yi.html vous trouverez des informations sur toutes ces recherches et notamment le suivi d’une vague atypique au travers de l’océan indien avant qu’il ne s’écrase sur l’IIe de la Réunion. Il est à espérer que d’ici quelques années nous pourrons avoir un équipement fournissant des renseignements temps réel sur ces menaces.

 

Fusion de données :

Sur le site de Robin Storm vous trouverez un mémento intéressant fusionnant les informations du Docteur Lui du GLERL et de Jennifer
Clark’ Gulfstream http://robinstorm.blogspot.com/2007/07/forecasting-dangerous-waves.html

<a href=”http://technorati.com/claim/akuwzahyaq” rel=”me”>Technorati Profile</a>

<a href=”http://technorati.com/claim/akuwzahyaq” rel=”me”>Technorati Profile</a>

EPIRB issue update

May 28, 2008 in L'histoire de Sean Seamour II, Sean Seamour II log of events

To all concerned by potentially faulty EPIRBS and
registration in participating COSPAS SARSAT countries

Although I have sought to inform the mariner community
worldwide to check their EPIRBs by posting in various forums my near death
experience due to an EPIRB that did not, and that could not fulfill its
function, this alert seems to have gone somewhat unnoticed until gCaptain .com
and Robin Storm focused their attention on the issue. All of a sudden there has
been uproar of naysayers, and I have had to post a response on the blog of one
such. As the fever seems to be spreading I shall repost part of that response
with some amplification.

I hope you are enjoying your pissing match; it is quite
shocking to watch the real issue of dependability of EPIRBs smothered in such a
shouting match. Whether all the examples of Robin Storm are correct or not, the
fact is there are such cases. I have to remind those that perhaps have not
thought the process through that the most likely outcome of a faulty EPIRB in
critical conditions is a new “lost at sea” entry to a log already too long.
Those cases will never be investigated – without a backup EPIRB Sean Seamour’
crew would be among those lost.

Compounding the issue of the EPIRB malfunction is the fact that it came back
from recertification a week prior to the events.

Further compounding the issue: the hexadecimal code belonged to another boat.

Upon launch of my EPIRB the Coast Guard investigated the database info and
contacted the owner, deducted after battery disconnect a faulty EPIRB on that
other vessel and dropped pursuit of that signal, hence abandoned search and
rescue for my vessel and crew.

This was justified as at about this same time my EPIRB ceased to function,
condemning us to our predicament, if the signal had persisted there is no doubt they would have continued their search and rescue efforts. Had it not been for an eleven year old unit
we thought lost when the rogue wave sheared and sank the hard dodger to which
it was affixed in its cradle we would not be here to relate what happened.

A few days after the rescue, my crew safely home, I contacted ACR – they were
more than expecting my call, informing me “this has happened before”, fingering
responsibility elsewhere, anxious to get their hands on my GPIRB. With ten
broken ribs and two back compressions I was not about to run from Cape Cod to
Fort Lauderdale for a postmortem, especially with alarm bells ringing in my
head as they were. I told them I would get back to them and may still.
Surprisingly, never once has ACR sought to make contact of any sort, yet they
have been very attentive to my activities over the past year, blocking some of
my initiatives.

It is wrong for the manufacturer to ensure the postmortem
of a failed unit, their objectivity will always be questioned, all the more as this opportunity is rare, the unit is usually
lost, sometimes with the crew who cannot relate what did and did not happen. My
efforts to have an independent party do the postmortem were blocked.

Regardless of one’ opinion on the issue may I say that discussion on and
investigation of the issue is of critical importance to the mariner community
at large. That there is NO doubt these problems exist and need to be addressed
through policy and procedural changes, neither swept nor lobbied under the
carpet. I will close by saying that I will buy another EPIRB, likely a unit
manufactured by ACR, under their brand or another they build for.

 

The Greening of Sean Seamour III

May 21, 2008 in L'histoire de Sean Seamour II, Sean Seamour II log of events

After the loss of our Sean Seamour II between Cape Hatteras and Bermuda last May 7th I was in quandary to define what Sean Seamour III should be (see on this blog Final Log , en Français Le Récit).
My wife Mayke had long insisted that we should have a silent boat (no
diesel engine to smell or hear) and a catamaran for it offers a stable
platform. I had long insisted that we would never have a boat that
could not right itself from a 180°. After the events of May 7th,
moving to a Catamaran is no longer a debate, on the other hand, silent
clean propulsion remains both her desire and my curiosity.

Living on the Mediterranean where wind is
either overly abundant or non existent (sailing to Corsica is often
motoring there), we opted for a Nauticat 33 motorsailor. A stable
platform with a deep keel, decent sailing performance with its extended
ketch rig, foremost, a great platform to experiment its transformation
into a diesel-electric hybrid as a first step before, we hope a fuel
cell electric drive as these energy generation technologies mature.
Through our new GreenBoat BateauVert website we would like to share our ideas, trials and
tribulations, as well as create an interactive repository of knowledge
and references on the state of the art and where it may be going.
Please don’t hesitate to share and contribute, we are all breaking
ground.

In the months ahead we will be looking at
all the facets of going green. This means breaking down the technology
blocks constitutive of a green system, looking at who and what is
present and or emerging. We will study the performance and suitability
for our project. We are also keeping a sharp eye on new technologies in
related areas in an effort to see when and if technology migration, or
perhaps we should use the term crossover, may come to benefit green
boat adventures where ever they may be.

We have already laid foundations at www.greenboatbateauvert.com and hope players from all horizons will come
and join our Green Boat Adventure, manufacturers and inventors, system integrators
and installers, yards and craftsmen-mariners like us.


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L'Aventure BateauVert a pour objet de suivre et analyser les nouvelles technologies de propulsion et de la production et le stockage de l’énergie pour la navigation de plaisance et hauturière. La mise en œuvre de ces technologies sur le Nauticat 33 Sean Seamour III permettra une amélioration de notre environnement marin par des choix validées.
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The Greening of Sean Seamour III is a long term project designed to monitor and analyze new and emerging technologies important to bettering our environment and to help mariners and sailors who aspire to go green choose and implement the appropriate solutions. A Nauticat 33 is the test bed for maturing technologies sailing towards a future phase-out of fossil fuels. We invite you to join our crew of mariners from around the world who seek to make the sea a greener place to be.

  rel=”me”>Technorati Profile

Security notice to all mariners

May 7, 2008 in L'histoire de Sean Seamour II, Sean Seamour II log of events

On this anniversary of the loss of Sean Seamour II and the traumatic
experience of clinging to a life raft in seventy foot seas with the
belief that no help is on the way I call on all mariners to read and
consider appropriate measures to avoid our predicament.

Your EPIRB can be the only link left with the world, and as such, is a
critical element of security for all mariners regardless of purpose.
Ensuring their proper registration and operation is just as critical to
avoid adding another entry to the long list of “lost at sea
statistics”. Even then, do not take for granted third party assurance
that you are fully operational, redundancy can be the best hedge
against the odds. Had I not kept my old and obsolete EPIRB I would not
be here to tell the tale of two EPIRBs aboard s/v Sean Seamour II.

(photo courtesy of my wife Mayke Sassen)

Above my head attached in its cradle the old EPIRB kept for
redundancy is attached to the port side of the hard dodger. Little
could I imagine the circumstances in which this unit would save our
lives four and a half years later. With no hydrostatic release, the
hard dodger gone after being sheared from the vessel by the rogue wave…

(full account of events coming soon)

We are not usually as laid back. Resting in Mindelo after a
gruelsome passage from Sardinia to Cape Verde in November of 2002
behind the Route du Rhum flotilla that bore the brunt of a depression
that eliminated 20 of the 58 contenders. On my shoulder our Sardinian
stowaway. The day before leaving for our Atlantic crossing a local
Sarde aware of our imminent departure comes alongside asking me if we
are willing to make this young Yorkshire Terrier into a little american
- Mayke is down below but I already knew her answer. “Bentley” would
take to sea and I back to the supermarket for a month of canned dogfood.



Note de sécurité à tous les navigateurs

May 7, 2008 in L'histoire de Sean Seamour II, Sean Seamour II log of events

L'anniversaire du naufrage de Sean Seamour II et
l'expérience traumatique de se cramponner à un radeau de survie dans des creux
de plus de vingt mètres, persuadés qu'aucun secours n'arrivera, m'amène à
alerter tous navigateurs, plaisanciers comme professionnels, à lire et prendre
les mesures nécessaires pour éviter que ce drame se reproduise.

Votre balise SARSAT / EPIRB peut devenir le seul lien restant avec le monde extérieure,
il devient de fait un des équipements de sécurité les plus critiques. Il est impératif
de vérifier son bon enregistrement (validation du code hexadecimal), la mise à
jour des données vitales et son bon fonctionnement (l'autotest ne suffit pas!);
de telles mesures permettent d'éviter d'allonger la longue liste des
navigateurs et marins perdu en mer. Cependant, ne vous munissez pas une d‘une assurance
aveugle dans le rapport de tiers, même une station acréditée comme nous l'avions fait, la redondance est encore plus sûre. Si je
n'avais pas gardé ma vielle balise obsolète à bord je ne serai pas ici pour
raconter l'histoire des deux balises de Sean Seamour II.

image

La vielle balise est visible au dessus de ma tête, arrimée dans son socle et fixée
à l'intérieure du pare brise. Quand mon épouse Mayke a pris cette photo je
n'aurai jamais imaginé les circonstances dans lesquelles quatre ans et demi
plus tard elle nous sauvait la vie. Sans déclencheur hydrostatique, le pare
brise rasé et coulé par la vague scélérate…

(la suite de cette histoire sera publiée bientôt)


Si nous avons plutôt tendance à l’hyperactivité ici le repos est de mise après
un passage exceptionnellement difficile de la Sardaigne au Cap Vert en novembre
2002, nous étions alors loin dans le sillage de la Route du Rhum dont la flotte
a subi une dépression entrainant l'abandon de vingt des cinquante huit
partants. Sur mon épaule notre clandestin sarde. La veille de notre départ vers
l’Amérique du Nord un Sarde sachant notre départ imminent m’interpelle du quai
pour me demander si nous voulons bien faire de ce chiot Terrier du Yorkshire un
petit américain. Mayke est affairé en fond de cale mais je sais déjà la
réponse, « Bentley » prendra la mer et je suis en départ vers le
supermarché pour acheter un mois de rations canines.


Yet another award for USCG Swimmer Drew Dazzo

February 15, 2008 in L'histoire de Sean Seamour II, Sean Seamour II log of events

We are pleased to announce that USCG Rescue Swimmer Drew Dazzo is up for another award for saving Rudi, Ben and my lives in a most daring rescue last May from our Sean Seamour II struck by a rogue wave in Sub Tropical Strom Andrea, the award naming Drew “Rescue Swimmer of the Year” bestowed by the US Military’ premiere helicopter association : the Naval Helicopter Association has been announced as follows:

AST2
DREW DAZZO: 2007 NAVAL HELICOPTER ASSOCIATION RESCUE SWIMMER OF THE YEAR, REGION FOUR* – Recognized for saving 3 lives on 7 May 2007 180NM
east
of MCAS Cherry Point, NC.

Equipage du HH-60 médaillé pour le sauvetage du 7 mai

November 30, 2007 in L'histoire de Sean Seamour II, Sean Seamour II log of events

C'est confirmé, les quatre membres de l'équipage du HH-60 des Gardes Côtes américaines (US Coast Guards) seront médaillés le 19 décembre pour l'extraordinare sauvetage de l'équipage du voilier Sean Seamour II le 7 mai dernier. Pris dans une dépression sub-tropicale puis frappé par une vague scélérate estimée à trente cinq mètres à deux cent milles au large du Cap Hatteras (Caroline du Nord)

De gauche à droite le nageur qui nous a receuilli Petty Officer Drew Dazzo, l'officier technique qui nous a sorti avec le treuil (dont le cable a cédé, comme dans le film de Kevin Costner) Petty Officer Scott Higgins, le co-pilote aux nerfs d'acier qui a su suivre la dérive du bib démuni de ses ancres de mer sous plus de 70 noeuds de vent Lt. j.g. Aaron Nelson, enfin le commandant qui a pris sur lui d'assurer ce sauvetage malgré des conditions au delà des limites opérationelles Lt. Cmdr. Nevada Smith. (pour ceux qui ont vu le film de Kevin Costner “The Guardian”, il assurait le rôle du co-pilote Krausse)

Le nageur Drew Dazzo assis au bord de l'hélicoptère se repose en attendant d'être évacué avec nous vers l'hôpital militaire pour les blessures reçus lors de notre sauvetage, le comandant Nevada Smith devant le HH60 surveille notre évacuation et communique avec les services de secours.

Encore un grand merci à toute cette équipe sans laquelle nous ne serions pas ici aujourd'hui. A ceux là il ne faut pas oublier l'équipage du C130 qui nous a miraculeusement repéré dans les vagues de plus de vingt mètres, aux trois équipes d'ambulanciers et les trois équipes médicaux de l'hôpital militaire de Cherry Point et son officier commandant qui a mobilisé le “disaster relief” de la Croix Rouge américaine qui nous a assuré gîte, vêtements et nourriture.

Enfin, quelques mots pour les familles des quatre membres de l'équipage
de Flying Colors qui a sombré corps et biens à 80 miles sur notre tribord, Capitaine Trey Topping, Rhiannin Borisoff, Jason Franks et Christine Grinavic, vraiesemblablement pris par la même vague scélérate amplifiée par le Gulf Stream <http://www.4sailors.com/index.html>

US Coast Guard HH-60 crew receives award for May 7th rescue

November 30, 2007 in L'histoire de Sean Seamour II, Sean Seamour II log of events

Its confirmed, on December 19th the four US Coast Guard HH-60 crew members will receive awards for the extraordinary rescue of the crew of s/v Sean Seamour II last May 7th. The vessel caught in a sub-tropical depression subsequently named Andrea, was further battered by a rogue wave estimated above 100 feet approximately 200 miles off Cape Hatteras North Carolina.

From left to right, swimmer Drew Dazzo who in extraordinary circumstances managed to bring us to safety, Petty Officer Scott
Higgins who saved the day bringing all aboard with a frayed cable (so reminiscent of the end of Kevin Costner' film “The Guardian”), “steel nerves” Lt. j.g. Aaron Nelson who followed the fleeting sea-anchorless life-raft in winds over 70kts, and finally, Lt. Comdr. Nevada Smith who took upon himself to undertake this rescue in perilous operational conditions (for those who may have seen Kevin Costner's “The Guardian”, he played the role of co-pilot Krausse).

Swimmer Drew Dazzo in the helicopter resting before being evacuated with us to Cherry Point Military hospital for injuries sustained during our rescue, Lt. Comdr. Nevada Smith supervising our transfer while coordinating with operations.

It is difficult to find words of appreciation, even so many months later, for the commitment of these heroes as there is no doubt failing them we would not be here to extol their dedication. Neither should we forget the C130 crew who miraculously found us among the seventy foot waves,but also the three ambulance teams, three hospital teams and the commander of Cherry Point Military Hospital who mobilized the disaster relief of the American Red Cross to help us through this crisis.

Finally, a moment of silence in remembrance of the crew of s/v Flying Colors that dissapeared eighty miles off our starborard, Captain Trey Topping, Rhiannon Borisoff, Jason Franks and
Christine Grinavic, likely pitchpoled by the same rogue wave amplified by their closer proximity to the Gulf Stream <http://www.4sailors.com/index.html>

Epitaphe pour Sean Seamour II

November 22, 2007 in Epitaphe pour Sean Seamour II, L'histoire de Sean Seamour II, Postings from the Atelier

La tempête s’est apaisée, Seanee comme nous l’appelions affectueusement repose à 2500 lieues au fond de la Fosse de Hatteras, face à la Caroline du Nord. J’ai isolé cette partie de l’image que Mayke voit de Seanee au repos pour illustrer le positivisme de l’artiste, de ce fond opaque et lugubre qui hante encore nos esprits elle voit ce ciel bleue miroitant, gardant le réalisme de l’épitaphe “a rencontré une vague scélérate le 7 mai 2007″.

Aussi traumatisant qu’a pu être la perte de Sean Seamour II notre joie d’être ensemble et d’avoir surmonté ces évènements est inappréciable. Notre retraite au plus profond du massif des maures apaise les tensions et les tumultes et soigne les plaies physiques et émotionnelles. La vie reprend son cours et de nouveaux rêves émergent, Sean Seamour III sera, son histoire est déjà écrite dans une nouvelle aventure http://www.greenboatbateauvert.com/

Epitaphe pour Sean Seamour II
Huile sur canvas 60 X 80 cm

Art and Sea en Provence continuera à illustrer la convergence de nos deux passions, mais pour ceux qui seraient intéressés par le challenge technologique de la transformation de Sean Seamour III en “bateau vert”  il vous faudra naviguer entre nos deux sites, celui de mayke www.mayke-sassen.com et celui de Jean Pierre http://www.greenboatbateauvert.com/.

Je souhaite faire de GreenBoat / BateauVert un site bilingue Français / Anglais; la base documentaire et ma propre aptitude linguistique étant plus plus orientées vers la langue anglaise, pour ceux qui seraient intéressés à contribuer à cette aventure, notamment par des talents linguistiques en français merci de me contacter à:  seanseamourAgmail.com.

US Coast Guard crews honored by her Majesty’ services after saving Sean Seamour II crew

August 9, 2007 in L'histoire de Sean Seamour II, Sean Seamour II log of events

HER MAJESTY’S SERVICE HONORS AMERICA’S HEROS

By KRISTI LANGENBACHER  Correspondent
Sunday, August 05, 2007

A Coast Guard rescue three months ago led to an opportunity to promote international relations this week. Members from Air Station Elizabeth City were invited to tour two Royal Navy ships visiting Norfolk, Va. on Tuesday. The invitation was the result of a rescue which involved a British citizen three months ago.

An HH-60 helicopter and a C-130 airplane responded to a distress call from a sailboat 200 nautical miles off the coast of North Carolina on May 7. The crews rescued three men from the stormy waters that day. Members of both aircrews traveled to Norfolk on Tuesday.

The HH-60 helicopter crew of Petty Officer Drew Dazzo, Petty Officer Scott Higgins, Lt. j.g. Aaron Nelson and Lt. Cmdr. Nevada Smith attended the event. Lt.  Paul Beavis and Petty Officer Marcus Jones, members of the C-130 airplane crew, attended as well.

They traveled to Naval Station Norfolk to tour two ships from Her Majesty’s Service, or HMS. The aircrew members met the crews and toured the HMS Illustrious and the HMS Manchester. The tour was arranged after a survivor who was rescued by the Air Station Elizabeth City crews wrote a letter recognizing the crews for their rescue on May 7.

The crews rescued Canadian citizen Rudy Snel, American citizen Jean Pierre de Lutz, and Ben Tye, a British citizen. Snel’s son wrote a letter to Capt. Mike Andres, commanding officer of Air Station Elizabeth City, encouraging formal recognition of the rescue crews. He also sent copies of the letter to several government officials, including President George Bush, British Prime Minister Tony Blair and the British Consulate General’s office in Atlanta. The British Consulate then contacted the air crews.

“Because of the survivors, the British Consulate in Atlanta arranged a tour to thank us for what we did for the British National,” said Smith, aircraft commander of the HH-60 helicopter involved in the rescue. Smith said the tour was also an opportunity to raise public awareness about the Coast Guard, and to promote international relations. He described the British sailors as sociable, friendly and interesting. The aircrews handed out Coast Guard coins and books to the British sailors, and received DVDs about the Royal Navy.

“For us, we got to show the British sailors some Coast Guard people and let them know what we do,” Smith said. “And in return, we learned about the Royal Navy and met some really great people.”

The men toured the ships, including the search and rescue helicopter, command centers, avionics repair shop and bridge.

Dazzo,the rescue swimmer who pulled the men from the water on May 7, said the experience was an opportunity to see how another country’s military operates. “It was a learning experience because their operations are similar to our Navy, but how they go about doing them is a little bit different,” Dazzo said.

He called the rescue the most challenging rescue of his 10 years in the Coast Guard. “It’s probably the rescue I’ve prepared for my entire career,” Dazzo said. “With high winds, rough seas and very low visibility – it’s what you train for.”  The crews rescued the three men from their partially-inflated life raft after their sailboat capsized twice during Subtropical Storm Andrea.

Dazzo said writing a letter of recognition is one of the many things the survivors have done since the rescue. “The guys we rescued really want to see us in the limelight,” he said. “The exposure they’ve given us is really amazing.” One of the survivors also wrote a letter to Dazzo’s 13-year-old daughter letting her know how fragile life is and how much he appreciated Dazzo’s efforts. The same man also sent a balloon bouquet to Dazzo’s son on his second birthday.

“This guy has gone above and beyond,” Dazzo said. “We didn’t expect any of  this. Just a thank you when we dropped him off out of the helicopter was enough.”

Another highlight of the group’s tour of the Royal Navy ships was meeting up with members of the U.S. Marine Corps. The British ships were conducting joint training exercises with the U.S. Marines using the curved ramp on the Illustrious for launching Harrier Jump Jets. The jets use thrust-vectoring for vertical/short takeoff and landing from the curved ramp on the deck of the ship. “They told me they conducted 150 landings and take-offs in a 14-hour period,” Smith said. “That’s pretty amazing.” Dazzo called the flight operations that day impressive, and said the design of the ship was interesting as well.

“The bridge and the air operations were open, and together,” he said. “That way the ship crew and the aircrews can communicate more effectively.”

The HMS Illustrious is an Invincible-class light aircraft carrier home-ported in Portsmouth Harbour in England. The HMS Manchester is a Type 42 guided missile destroyer with a medium-range missile system.