Mayke, célébration de mémoires et expressions

May 31, 2021 in ART

 This post in English

J’ai de tristes nouvelles de La Suyère, Mayke nous a quitté après une ultime bataille, à la fin son cœur a cédé. Sa maladie était existentielle, une suite de tempêtes, suivi d’accalmies offrant un répit sur un plateau toujours en contrebas, car chaque tempête l’amoindrissait. J’avais espéré qu’elle atteindrait un nouveau plateau de vie tout en sachant la fin approchante. Elle m’avait fait promettre de ne pas dire mais aussi de ne pas mentir, deux semaines avant la fin elle demanda un pronostic, j’ai à nouveau dévié, jusqu’à ce qu’elle me demande en affirmant « is this the end – est-ce la fin ».

Mayke a vaillamment lutté pendant cinq ans, consciente de sa diminution progressive, elle s’est battue en attelant sa créativité avec une détermination qui me laissait pantois. Elle fût récompensée par une merveilleuse année en congé thérapeutique – le plateau de 2019, littéralement un renouveau pour elle et son art. J’ai cherché à capturer ce moment «phénix» sur notre site ici https://www.artseaprovence.com/2019/05/mayke-sassen-2019-oeuvres-artwork/.

Puis des nuages ​​ont réapparus à l’horizon, les «bleuets» qu’elle avait cherché à domestiquer et à extraire (voir la description de son tableau de 2019 « Invaders » ou «Envahisseurs») sont devenues ses «verrues». Sa randonnée quotidienne dans la montagne avait été abandonnée, mais par tous temps nous parcourions le chemin en terre du Camp de la Suyère à Val Daubert jusqu’à ce que sa mobilité soit entravée et que d’autres traumatismes neurologiques apparaissent, parfois l’incapacité frustrante de s’exprimer.

La passion de son art lui avait été dérobée, la joie de prendre son thermos de café avant le petit-déjeuner et partir à son atelier pour tracer la journée à venir, sa raison d’être, s’était lentement estompée avant que cela ne devienne un trop d’effort. Le dernier traitement semblait empoisonner plus que la maladie, je craignais que ce nouveau plateau, s’il en était un, ne soit son dernier, elle avait égaré son essence dans cette spirale grinçante où le mental et le physique travaillent en discordance.

Il est difficile d’être témoin, de supporter un tel inexorable chaos, j’avais été prévenu. Il n’y eut pas de pause, la maladie soutira insidieusement ses forces restantes avant un assaut effréné les deux dernières semaines. Mon chagrin dépasse tout ce que j’anticipais, elle était mon amour, ma boussole, mon second et bien plus encore, mais j’étais démuni devant sa diminution et la phobie de la maladie ayant consommé sa muse et sa raison d’être.

Je suis déchiré entre deux vers de Dylan Thomas «Rage, rage contre la mort de la lumière» pourtant, je dois dire à mon amour «va doucement dans cette bonne nuit».

Depuis tant d’années, son art est exposé et chéri dans de nombreux coins du monde, j’ai senti qu’il était temps d’exposer Mayke afin que sa mémoire soit également célébrée et chérie. Cette page sera la dernière de notre site web, il ne retrace qu’une partie de nos vies avec une richesse d’images et souvenirs illustrés au travers de photos de son temps mais surtout d’expressions typiques de son être.

 

Au revoir mon amour, Jean Pierre

“C’est un honneur d’être dans le deuil. C’est un honneur de ressentir autant, d’avoir tant aimé.”

Emprunté à Elizabeth Gilbert dans https://www.brainpickings.org/2018/10/17/elizabeth-gilbert-ted-podcast-love-loss/?fbclid=IwAR1zvKjDMT37996kyG1Pogn9h1QpzRokNmvw-aFc65ddfljvpzTnkkklp-Y

Mayke, célébration de mémoires et expressions

One Comment

    1. Toni et Martin says:

      Merci Mayke Merci Jean Pierre
      Toujours avec nous Toujours avec vous

Leave a Reply

Mayke, célébration de mémoires et expressions

0 Trackbacks